Vestiges Contemporain

Antoine PIERINI a créé la série « Vestiges Contemporain » avec la volonté de questionner nos relations au patrimoine culturel méditerranéen, héritage fondateur de nos sociétés, à la portée universelle.

Cette série de pièces uniques regroupe les « amphores et les jarres » et une installation nommée « guerrier ».

L'amphore est un objet méditerranéen par excellence : fabriquée en terre cuite, elle servait dans l'Antiquité à transporter des liquides ou des denrées plus ou moins exotiques d'un bout à l'autre de la Méditerranée.
Retracer l'histoire de ses circulations et de ses diffusions, c'est évoquer les modes de vie d'un ensemble de peuples et de civilisations qui ont contribué, pendant des millénaires, à former et à nourrir notre identité. C'est aussi chercher à nous interroger sur notre rapport à celle que les grecs puis les romains appelaient Mare Nostrum. De tout temps, cette mer a permis la circulation des biens et des personnes, quels que soient les rives dont ils étaient issus.

Le simple mot « amphore » évoque et éveille en nous des résonnances plurielles et puissantes : les mots « voyage, échange, liens, partage, transmissions » nous viennent à l'esprit. L'amphore est la matérialisation concrète, c'est pourquoi elle a été choisie par Antoine PIERINI comme objet phare de la série.
Mais ces mots sont-ils encore d'actualité dans une société contemporaine qui accorde parfois plus de valeur à l'éphémère et à l'instantané qu'au pérenne ?
C'est une des questions qu'Antoine PIERINI nous pose avec ses « Vestiges Contemporain ».

Antoine PIERINI a choisi de nommer sa collection « Vestiges Contemporain » ; un oxymore qui cherche à nous interpeler.

L'association du mot « Vestiges », qui renvoie au caractère ancien, patrimonial, peut-être aussi précieux, fragmentaire et fragile d'un objet et de « contemporain » surprend : comment un objet peut être vieux et contemporain à la fois ?
En détournant l'amphore, objet ancestral et utile de sa fonction première, en réinterprétant sa forme et son décor de manière actuelle, Antoine PIERINI nous propose un élément de réponse.

« Vestiges », au pluriel, s'entend aussi comme un synonyme du mot « trace ».
Le vestige c'est la trace laissée par quelqu'un ou par quelque chose, c'est ce qui reste d'une chose disparue. En ce sens, le « vestige » est bien souvent un objet que l'on exhume.
D'autres questions se posent alors : que faire de cet objet, de cette trace laissée par quelqu'un d'autre, de ce patrimoine lorsqu'on le découvre ? L'accepter, l'ignorer, le rejeter ?

Pour nous, contemporains du XXIe siècle, l'amphore est un vestige en soi puisque nous n'avons plus usage de cet objet. Qu'est-ce qui le rend alors contemporain ? « Ma démarche artistique et mon esthétique, qui entre en résonnance avec les cultures du passé et cherche à questionner notre héritage » pourrait être l'une des réponses de l'artiste.