COLONNES ROSEAUX
Promenade Princesse Charlène, Monte-Carlo, Monaco - 2026Sept colonnes de verre s’élèvent à quatre mètres cinquante sur la Promenade Princesse Charlène.
De loin, elles évoquent une lisière de hautes tiges saisies dans la lumière. De près, elles se situent à la rencontre de deux registres : la colonne, liée à l’architecture, à l’ordre et à la verticalité construite ; le roseau, associé au vivant, à la croissance et à la souplesse.
Avec Colonnes Roseaux, Antoine Pierini ne cherche pas à représenter la nature, mais à en révéler les forces. Son travail interroge les tensions invisibles qui façonnent les structures visibles du monde : la poussée qui dresse une tige, l’équilibre qui maintient une forme debout, l’organisation silencieuse qui permet son élévation. Au cœur de chaque colonne, une armature d’inox imperceptible relie les différentes unités de verre. La structure cachée soutient la forme apparente et incarne le sujet même
de l’œuvre. Chaque colonne est composée d’unités de verre soufflées et sculptées à chaud, puis gravées, polies et argentées jusqu’à l’effet miroir. Le choix du dégradé de bleu argenté est intimement lié au contexte monégasque. Édifiée sur un relief abrupt au bord de la Méditerranée, Monaco s’inscrit dans un paysage où la ville, la mer et le ciel entretiennent une relation constante. À l’horizon, les différentes nuances de bleu se superposent et se confondent au fil de la lumière du jour et de la nuit.
L’œuvre a été pensée pour entrer en résonance avec cet environnement. Ses surfaces captent les variations du ciel, les reflets de la mer, l’architecture et la végétation alentour. Tantôt profondes, tantôt lumineuses, parfois presque immatérielles, les colonnes ne livrent jamais tout à fait la même image.
Par le choix du verre, matériau à la fois dense et lumineux, fragile et durable, Antoine Pierini inscrit cette installation monumentale dans une réflexion sur le temps. Exposée aux regards et aux saisons, la sculpture ne triomphe pas du temps : elle l’habite.

